Le védisme                                                                  

 

Bien avant l’émergence des premières civilisations et l’apparition des premiers écrits (3000 ans avant Jésus-Christ), l’Inde était habitée d’un peuple nommé les Dravidiens. La civilisation dravidienne prospère jusqu’aux années 1700 av JC, époque à laquelle elle fut décimée par des envahisseurs venus du Nord de l’Inde et des rives de la Mer Caspienne : les Aryens. Le peuple aryen imposa dès lors son panthéon de dieux à prédominance masculine, une éthique guerrière et un culte sacrificiel.

Les Veda sont les textes de référence de la religion védique :

    • Le plus ancien des textes est le Rigveda, rédigé en sanskrit. Ce texte fut composé au nord-ouest de l'Inde entre 1300 et 1000 av J.C., comprend 1 028 hymnes adressés aux dieux, et furent transmis oralement jusqu'à nos jours.

    • L'Yajurveda est le livre des formules sacrificielles.

    • Le Samaveda est un recueil de liturgie et de chants religieux.

    • L'Atharvaveda est une collection de charmes à caractère magique.

    • Vers 900 av JC furent ajoutés les Brahmana, ils interprètent le rituel des prêtres.

    • En 600 av JC furent composés les Upanishad qui sont des méditations métaphysiques sur le sens de la Vie et la nature de l’Univers.

 

Les Veda sont considérés comme des textes révélés (Shruti, "ce qui a été entendu ") et dont aucune syllabe ne peut être modifiée, ils sont ainsi inconnus de la plupart des Hindous. La Smriti est le recueil d’ordre pratique de l’Hindouisme, il n’est pas interdit de le modifier. La Smriti est composée du Mahabharata et du Ramayana (textes épiques rédigés en sanskrit), ainsi que des Purana (18) qui racontent la vie des dieux.

 

Le sacrifice est la base de la religion védique et permet de rentrer en contact avec les divinités. On distingue les sacrifices qui ont pour but de s’attirer les faveurs des dieux, et ceux qui visent à expier les fautes du pénitent.Les rites domestiques sont accomplis par le chef de famille, dans le foyer, demeure d’Agni. Du lait fraîchement trait est offert aux divinités le matin et le soir. Ce rite, obligatoire et quotidien, porte le nom de "agnihotra".

 

Les sacrifices publics sont, quant à eux, exclusivement réalisés par des brahmanes et selon un rituel précis. La cérémonie se déroule en plein air, sur un autel. Le prêtre occupant la position hiérarchique la plus haute récite des formules sacrificielles tandis que l'agnîdh allume le feu du sacrifice. Les offrandes proposées aux dieux sont du lait, du ghi, du miel, mais également des animaux, voire des êtres humains. Leur chair était cuite selon des règles établies et mangée par les fidèles.

Le soma est une offrande particulière, qui a pour but de provoquer l’extase afin d’entrer en contact avec les dieux. Personnification du dieu Soma, cette boisson serait extraite du champignon Amanita muscaria (amanite tue-mouches), connue pour provoquer des états hallucinogènes. Ce liquide, de couleur jaune, est également appelée "liqueur des dieux" et aurait été révélé lors du barattage de la mer de lait.

 

Enfin, le sacrifice du cheval, l'asvamedha en sanskrit, est le plus élaboré des sacrifices védiques. Offert par un membre des kshatriyas, le cheval était libre de galoper librement pendant une année. A la fin de cette période, l’étalon était mis à mort par étouffement. Ce type de sacrifice est une chose que les Brâhmanas ont désapprouvé. Puis les Purana ont indiqué que c’est l’homme lui même qui devait se sacrifier.

 

Les dieux du panthéon védique survécurent dans l'hindouisme tardif, mais ne furent plus l'objet de vénération. Ce fut le cas d'Indra, chef des divinités et dieu de la Tempête et de la Fertilité, d'Agni, dieu du Feu et de Soma.

 

Vers 650 av JC, les brahmanes modifièrent l’interprétation de la religion védique. Les dieux n’étaient pas là pour tuer, mais plutôt pour protéger les plus faibles et aider les hommes dans la recherche de la perfection. Ce changement d’entité spirituelle s’appuie sur la soumission des âmes au cycle de renaissance sur Terre jusqu’à ce qu’elles soient jugées dignes d’accéder à l’immortalité aux côtés des dieux. Il se met ainsi en place une hiérarchie des êtres pour aspirer au bien ou endurer le mal jusqu’à la délivrance (moksha) de la spirale des existences. Dès lors, seuls les brahmanes peuvent faire moksha, les personnes des autres castes doivent faire samsara (transmigration) et revivront donc plus au moins heureuses en fonction du bien ou du mal.