Les Sadhus                                                                  

 

Les sâdhus (ascètes), au nombre de 7 millions, suivent une voie de pénitence et de mortification pour atteindre l’illumination. Ils souhaitent modifier leur karma en rejetant l’attachement au monde, par des pratiques qui nous apparaissent pour nous occidentaux comme barbares.

L’origine de la pensée doloriste est hindoue et a inspiré les grandes religions monothéistes (christianisme en autre).La domination de la douleur permet la purification de l’être, ce qui permet aux hindous qui la pratiquent "d'accélérer" le moksha.

On distingue plusieurs groupes:

La croyance veut que par ces pratiques, les sadhus obtiennent certains pouvoirs (siddhis) comme la lévitation, l’invisibilité, la capacité de grandir et de marcher sur l'eau. Se sont des personnes très respectées en Inde, le seul fait de les toucher conduirait à l’absolution des péchés.

Il existe cependant d’autres moyens de parvenir au moksha plus rapidement : 

 

Les sâdhus appartenant à la secte shivaïte porte un tilak particulier sur le front. Le trident symbolique, fait de 3 raies, représente le triple aspect de Shiva et l'anéantissement des trois impuretés : égoïsme, désir et illusion. Le tilak des vishnuïtes est vertical, formé de deux lignes blanches en U et d'une ligne ou d'un point rouge symbolisant Sita.

La majorité des sâdhus portent une longue chevelure, signe de virilité et de force. D'autres, au contraire, se rasent la tête. Les sâdhus portent généralement une robe de couleur safran, ce qui signifie qu’ils ont été lavés dans le sang fécond de Parvatî. Seuls les Shiva Naga pratiquent encore la nudité. Elle les marginalise et symbolise leur détachement du monde. Les ascètes possèdent un bâton auquel est attaché le tambour (damaru) à double face, symbole de l’union de Shiva à sa Shakti.

Pour assurer leur subsitence, les sâdhus pratiquent la mendicité. La nourriture, source de plaisir, doit être limitée au minimium vital. Ils font voeu d'abstinence, ce qui illustre la dualité de Shiva. Par le célibat, l'énergie sexuelle peut être sublimée en pouvoir spirituel.

Durant les premières années de leur renoncement, ils suivent un apprentissage auprès d’un gourou (chef religieux). Par la pratique du karma- yoga, ils se détachent des réalités matérielles du monde. Le cannabis est régulièrement utilisé pour la méditation.

 

                      

                          

Puis ils abandonnent leur maître pour errer sur les routes (rester à la même place conduit à la stagnation). Le premier geste d’un sâdhu lorsqu’il arrive dans un nouveau lieu consiste à construire un bûcher sacré (dhuni), au dessus duquel est érigé le trident de Shiva. Mais après quelques années d'errance, ils se fixent à un endroit consacré à sa divinité ou dans un lieu saint comme Bénarès ou Allalabad.

Moins de 10% des sâdhus sont des femmes, elles sont appelées sadhvis et sont souvent veuves. La femme tient traditionnellement une position inférieure à l'homme en Inde. Les sadhvis sont respectées mais la croyance veut qu'elles renaissent en hommes avant d'être libérées du cycle des réincarnations.