Ma Ananda Moyi                                                              

 

Nirmala Sundarî Devî est née dans un petit village du Bengladesh en avril 1896. De caste brahmanique, elle fut mariée selon l'usage à 13 ans. Son mari éprouvait un très grand respect pour ses expériences mystiques et la considérait comme son gourou. En 1922, elle se donna elle-même l'initiation (diksha) et prit le nom religieux de Ananda Moyi, littéralement, "faite de béatitude".

Ses déplacements perpétuels étaient la caractéristique de ses enseignements. On se pressait pour l'entendre, des hindous, mais aussi des chrétiens et des musulmans du monde entier. On prit l'habitude de lui décerner le titre de "Mère" (Ma) en signe de révérence.

Elle dispensait son enseignement de façon spontanée, à la manière d'un jeu. Paradoxalement, elle est connue pour ses pratiques d'ascèses très dures. Pendant trois ans, elle se nourrit exclusivement de trois grains de riz par jour. Elle observait régulièrement des voeux de silence.

Contestée par certains (surtout par le milieu brahmanique orthodoxe), elle est tenue par d'autres pour une incarnation de la déesse Kali. Bien souvent, elle expliqua que les enseignements des maîtres authentiques sont valables pour ceux auxquels ils sont destinés. Le fait qu'ils puissent paraître contradictoires ne retire à aucun d'eux la valeur qui leur est propre en tant que que l'un des chemins spirituels à parcourir. Cet enseignement fut un succès, il correspondait parfaitement à la sensibilité religieuse de notre temps.

Les disciples s'étonnaient parfois que Ma accepte sans protester que des foules s'assemblent autour d'elle et que tant de gens viennent lui raconter leurs ennuis et leurs soucis domestiques. A cela, elle répondait :

"Si vous pensez que cela m'est désagréable, c'est uniquement parce que vous faites une distinction entre votre corps et le leur. Vous ne ressentez pas comme un lourd fardeau de porter votre tête, vos mains et vos pieds, vos doigts, vos membres, parce que vous les considérez comme parties intrinsèques de votre propre corps. De même, je sens que toutes ces personnes sont des membres organiques de ce corps ci. Elles ne me pèsent donc pas, pas plus que leurs soucis. Leurs joies et leurs peines, leurs problèmes et leurs solutions sont une partie vitale de moi-même ; je n'ai aucun sens de l'ego, ni de la séparation. En moi, chacun de vous a dans une égale mesure la hauteur et la profondeur de l'éternité."

Ma Ananda Moyi est décédée en 1982 à Hardwar.