Le statut des femmes hindoues                                                

 

Au moment où l'Occident vote des lois en faveur de l'égalité hommes-femmes, la position de la femme hindoue en Inde reste aujourd'hui précaire.

Toute l'éducation des filles est tournée vers le seul jour important de leur vie : le mariage, date à laquelle elles deviennent des femmes respectables. La société hindoue est régie depuis plus de 2000 ans par les lois de Manu lesquelles stipulent : "Dieu attribua à la femme la colère, la malhonnêteté, la malice et l'immoralité. De la naissance à la mort, elle dépend d'un homme, tout d'abord de son père, puis de son mari, et après le décès de celui-ci, de son fils." Le mariage serait donc le moyen de juguler le vice porté par les femmes.

La conversation entre Shiva et Umâ, rapportée dans le Mahabharata défini le rôle de l'épouse hindoue. Umâ répond au dieu de l'ascèse :

"les devoirs de la femme sont crées par le rite des noces quand, en présence du feu nuptial, elle devient l'associée de son seigneur pour l'accomplissement de tous actes justes. Elle doit être belle et douce, considérer son mari comme son dieu, le servir dans la fortune comme dans l'infortune, la santé et la maladie, obéissant même s'il lui commande des actes contraires à la justice ou des actes qui peuvent conduire à sa propre destruction. Elle doit, levée tôt, servir les dieux, entretenir la propreté de sa maison, soigner le feu sacré domestique, ne pas manger avant les besoins des dieux et des hôtes soient satisfaits. Elle est dévouée à son père et à sa mère et au père et à la mère de son époux. La dévotion à son seigneur est l'honneur de la femme. C'est son ciel éternel."

Par le mariage, la femme devient la servante de son époux. Gardienne du foyer, elle veille à la satisfaction des besoins de son mari. En respectant le pativrat (voeux de consécration à l'époux), la femme accompli son dharma. Le mariage n'autorise donc aucun épanouissement personnel des femmes. Elles sont comme une propriété que transmet le père à la belle famille.

La naissance d'une fille, au sein d'une famille hindoue, est vécue comme une calamité. A tel point que dans certaines cliniques, lorsque l'échographie révèle une fille de sexe féminin, les mères préfèrent avorter. De nombreux bébés filles sont tuées dès la naissance. Le sex ratio sur l'ensemble du territoire est de 927 filles pour 1000 garçons. Il atteint même un chiffre alarmant au Pendjab de 793 filles pour 1000 garçons. Les filles sont de véritables fardeaux puisqu'il faut les élever, les nourrir et payer la dot au moment du mariage, celle ci atteignant parfois des sommes faramineuses. Pourtant interdite par la loi de 1961, elle est toujours exigée par la belle famille.

Le pays est en train de mesurer l'ampleur de la catastrophe qu'il a lui même engendrée. L'Inde compte aujourd'hui des milliers de "branches nues", des jeunes hommes qui ne pourront pas se marier et donc avoir des enfants, faute de trouver une épouse. On estime leur nombre à 30 millions d'ici 2020, soit 12 à 15% de la population adulte.

La femme mariée est soumise à l'autorité de ses beaux parents et de son mari. De nombreux rapport révèlent que les violences faites au femmes sont croissantes. On note une augmentation de 75% des crimes commis envers les femmes dont le viol, l'attentat à la pudeur et la torture par la belle famille. L'assassinat des jeunes mariées est fréquent mais de plus en plus dénoncé. On compte chaque année en Inde plus de 7000 femmes brûlées vives dans de savantes mises en scène pour cause de dot impayée. Les lois de Manu le précisent "un mari même ivrogne, lépreux, sadique ou brutal doit être vénérée comme un dieu".

A la mort de son époux, la femme perd encore plus de sa considération sociale. Les veuves héritent rarement de leur mari défunt bien que la loi prévoit le partage entre la veuve et les enfants. La croyance hindoue indique que la femme ne mérite pas de survivre à son époux et doit s'immoler sur le bûcher funéraire. Cette pratique appelée sati a été interdite pendant la colonisation britannique en 1829.

Cependant la vapeur semble aujourd'hui se renverser. Depuis une vingtaine d'années, les mouvements féministes ont fait leur apparition et leur statut s'améliorent. Certaines femmes accèdent désormais à des postes traditionnellement réservés au hommes.

Un moyen pour les femmes d'accéder à la reconnaissance sociale est de pratiquer le culte d'Amman. Cette divinité du sud de l'Inde est un autre aspect de la déesse mère. Symbolisée par une pierre à l'entrée des villages, elle représente les forces élémentaires de la forêt. Lors des fêtes, les femmes absorbent du bétel, de la marijuana et de l'alcool pour entre en transe. Après avoir accompli les rites purificatoires, le pujari brise une noix de coco sur la pierre d'Amman. A ce moment, les femmes emportées par le son des tambours entrent en transe. Possédées par la déesse, les participants veulent les toucher pour absorber une partie du pouvoir d'Amman.

En Inde, moins de 10% des sâdhus sont des femmes, la plupart sont veuves. Appelées "sadhvi", elles sont peu acceptées dans les sectes de sâdhus en raison de leur "influence corruptrice". La croyance hindoue veut que les femmes renaissent d'abord en homme pour être libérées du cycle des réincarnations.