Érotisme et Hindouisme                                                       

 

L'érotisme a un rôle central dans le phénomène de la vie. Il précède la naissance de tout ce qui est, de tout ce qui a été crée. L'incarnation de la création est le phallus ou linga, symbole de Shiva. Le Linga Purana explique que "le monde entier a pour base le phallus. Tout est issu du linga. Celui qui désire la perfection de l'âme doit vénérer le linga."

Il existe donc une double fonction à l'acte sexuel. L'une reproductrice, indispensable à la survie de l'espèce et à la continuité de la vie. L'autre est l'érotisme, le plaisir qui devient un contact avec le divin.

L'érotisme, sous le nom de Kama, est l'un des quatre buts de vie d'un hindou. Il fait partie de la réalisation de l'être humain et prédomine chez le jeune adulte.

On voit donc ici la place importante que l'érotisme tient au sein de l'hindouisme. Cette mise en avant a choqué les colons pendant l'occupation britannique et elle continue d'intriguer nos contemporains.

 

Les techniques érotiques sont détaillées dans de nombreux ouvrages, le Kama Sutra étant le plus connu. Kama signifie désir et sutra, fil ou tout simplement livre. Ces techniques sont liées à la pratique du yoga. Pour chaque posture de yoga, il existe une forme érotique et une forme non-érotique.

 

Le tantrisme est une philosophie religieuse qui repose sur l'association des principes féminins et masculins, symbolisés par Shakti et Shiva. Le mot "tantra" signifie "extension" ou "chaîne" de l'esprit. Basé sur les Tantras, composés entre le Vè et VIIIè siècles, le tantrisme hindou exalte la déesse mère. Le yoga tantrique cherche à accorder les principes féminins et masculins, afin de faire émerger l'énergie divine au fond de chaque être humain.

Par des postures plus ou moins acrobatiques, les tantrikas (adeptes du tantrisme) cherche à faire remonter le serpent de la kundalini à travers leurs chakras. Lorsque les deux énergies, féminine et masculine, sont réunies, elles constituent la totalité du réel, réunissant ainsi corps et esprit.

Les célèbres sculptures érotiques des temples de Khajuraho attestent de cette pratique, qui a été critiquée par certains gourous, mais qui n'a cessé de renaître au fil du temps.

 

            

Les devadasi étaient des jeunes filles consacrées au temple. Considérées comme les épouses des divinités, elles pratiquaient le bharata natyam et connaissaient le sanskrit. Au cours du temps, elles devinrent prostituées sacrées, ce qui entraîna en 1925 l'abolition du système des devadasi par les colons britanniques.

Chaque village possède son quartier de prostitués, travestis ou non.